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Entretien virtuel réalisé le 17 septembre 2016   

Bonjour cyril, peut-on réaliser cet entretien en se tutoyant ?

Oui, sans problème, j'aime beaucoup tutoyer, je trouve que cela instaure une proximité qui met à l'aise.

 

Bon, dans ce cas, j'aimerai qu'on parle, que tu me parles de ton enseignement, de façon simple, et avec des réponses assez courtes, (je te connais...), ok ? ça te va comme deal ?

Ok !

 

Bravo ! Premier test réussi, merci alors, en premier, qu'enseignes-tu ?

J'essaie depuis quelques années d'animer des cours de biomécanique, et plus précisement les éléments de biomécanique fonctionnelle et clinique appliqués aux articulations du corps humain, et utiles à la justification des gestes soignants pratiqués.  

 

Tu essaies ? N'y arrives-tu pas ?

Pas toujours, non, enfin j'arrive toujours à en parler, à produire un cours, une animation, mais parfois l'enseignement ne passe pas comme je le pensais, cela dépend du public, voire plutôt de moi...de l'organisation de mes connaissances, enfin des connaissances à transmettre, c'est pas si simple en fait.Cela fait plusieurs années que je demande un retour de la part des étudiants pour disons, évaluer ce qui passe, ce qui ne passe pas et essayer de voir comment m'améliorer en fait. 

 

Pourquoi emploies-tu le terme animer ?

Viens en cours tu comprendras ! Parce que j'y place toute mon âme ! Non, simplement, parce que je ne suis pas professeur. Je suis ostéopathe, mais j'essaie de transmettre dans les cours dont j'ai la charge, des connaissances apprises sur le terrain et par mes lectures, et expériences, donc, je préfère me qualifier d'animateur de connaissances, voire agitateur de connaissances, plutôt que de prof, voila, c'est tout simple, c'est pas un jeu de mot. Le modèle du prof sur l'estrade, qui sait tout magistralement ne me convient pas, je suis plutôt celui qui à réalisé un parcours, qui a pris un des chemins de la montagne, et qui emmène avec lui, comme un guide, ceux qui veulent venir marcher sur ce chemin. C'est un des chemins, il y en a d'autres, mais c'est celui que j'ai choisi, et celui que je peux décrire. C'est un chouette chemin que celui de la connaissance, c'est le mien, y'en a plein d'autres, alors je t'emmène un temps sur le mien, et tu peux passer à droite, à gauche... te perdre un peu, revenir.... J'aime bien cette notion de chemin, de voyage c'est une métaphore que j'utilise beaucoup.

 

On avait dit des réponses courtes ! Bon, merci, ok alors depuis combien de temps animes-tu ? 

2001 ! Pardon je ne répond pas à la question, depuis 15 ans.

 

Qu'est-ce qui t'a conduit vers "l'animation" ? Je reprends tes mots !

Merci oui, j'aime bien l'idée d'animation. Bon, c'est un peu une opportunité en 2001, où mon directeur d'école d'ostéopathie, ISO Lyon me demande si je peux prendre en charge les cours d'anatomie pour combler le départ non prévu du prof titulaire. L'idée était intellectuellement séduisante, et économiquement plus satisfaisante que poursuivre mon emploi chez Mcdo, enfin c'était aussi plus dans ma filière ! J'ai adoré mon temps chez Mcdo, entreprise géniale car y'a vraiment des collègues hors normes, mais bon, voila je tendais à être ostéopathe, donc j'ai répondu favorablement, et je n'ai depuis jamais arrêté, toujours trouvé cela passionnant. vraiment.

 

En quoi est-ce passionnant ?

Et bien, c'est un peu comme la formation en alternance. Je crois que c'est vraiment le meilleur des modèles d'apprentissage. Tu confrontes la théorie à la pratique et la pratique à la théorie. En libéral, tu travailles seul, avec tes intuitions, tes essais, tes envies, et quand tu viens en cours pour en parler, tu dois mettre des mots sur ce que tu fais, et l'exercice est pas toujours évident. Mais toujours enrichissant, c'est comme si tu participais à un groupe de travail d'analyse des pratiques, tu vois, tu prends aussi du recul avec ta pratique, et c'est,  vraiment disons, épanouissant et stimulant aussi, oui. Dans l'amphi tu as toujours des regards, des questions qui te poussent à être plus clair, qui t'ouvre un peu, au sens de d'expliquer ce qui se fait en toi, de façon authentique, quand tu penses, quand tu agis, voila... ça s'est enclenché tout seul, avec le temps vraiment, naturellement, et je suis comme je suis, c'est facile. Enfin , je dis pas que faire un cours c'est facile, je dis que quand on est tel que l'on vit, que l'ontravaille, qu'on manque et qu'on se cache rien, alors en parler est facile. Voila je pense être en cohérence avec moi-même, ce qui fait que, dans cette analyse de la pratique de l'ostéopathie, je peux reprendre mes mots, mes phrases, car elles sont le reflet personnalisé de ma réelle expérience de vie. J'ai d'ailleurs tendance à bien mélanger mes vies professionnelles et perso, bon. 

 

Et pourquoi cette matière biomécanique ?

Au début, comme je disais j'ai du réaliser des cours d'anatomie, des vaisseaux je me souviens, Marie m'avait laissé une partie de son cours en... 2001 ou 2000, bref et j'avais bien aimé. (Marie c'est Marie Sage, une exceptionnelle ostéo sur Vienne) Puis en 2004, la prof de bioméca est partie aussi , Marianne, et Jean, enfin le directeur d'ISO Lyon, (Jean, c'est Jean Peyrière, un autre ostéo exceptionnel, mais lui sur Bourg-en-bresse !) m'avait demandé si cela me conviendrait, bon, venant d'un bac plutot math-physique, C, oui, j'ai repris avec entrain et motivation, le cours de Marianne et je l'ai, chaque année de plus en plus personnalisé. Au début, je disais je reprends le cours de bioméca de Marianne, et maintenant, allez, je l'ai suffisament personnalisé pour pouvoir dire que c'est le mien ! Osons ! 

 

Osons, oui, je crois que c'est pas trop un problème pour toi...

En effet, oui. non, mais tu vois, j'ai appris chaque année à aimer de plus en plus cette matière, déjà parce que c'est pas ma formation de base, tu sais en ostéopathie en 1995 on a eu des cours vraiment typique Kapandi, donc, bon, c'est bien, c'est la base mais trop théorique, limite trop catégorique. Tu as l'impression que tout est comme il est écrit, puis, paf, tu t'aperçois dans la vie réelle du tropisme articulaire par exemple, de ce que la mécanomorhogénèse produit, et tu t'aperçois que tout savoir est relatif au contexte, donc, bon. La bioméca c'est une belle approche rationnelle pour l'ostéopathie je trouve, et maintenant, après plus de dix ans que j'en parle, j'ai presque une affection pour cet enseignement, qui a su m'offrir des démonstrations, des moments avec des argumentations très pertinentes concernant les agirs ostéopathiques. J'ai pleins d'images qui viennent, mais c'est fou, et puis, aussi de très grosses incertitudes avec l'explication pseudo rationnelle de certains gestes que certains ostéo, ou prof tentent de justifier avec des contenus physiques ou mathématiques qu'ils ne possèdent pas, et qui rendent caduque leur justificatif. Je crois qu'il faut dire quand on sait pourquoi on peut le dire, pourquoi ce n'est pas faux, mais les grandes vérités, les chiffres et les données strictes, absolues, je n'y crois pas, enfin je ne m'inscris pas dans cette posture. AUjourd'hui faut plutôt donner des fourchettes de valeurs, mais plus des chiffres stricts. Plus la norme est stricte moins nous sommes normaux ! donc voila adapter une théorie à la pratique de l'ostéopathie, j'aime bien.  

  

Qu'aimes-tu dans le fait d'enseigner ? D'animer pardon....

Partager ! Partager ce qu'on vit, ce qu'on dit, être soumis à des questions, c'est réfléchir à ce qu'on fait, pourquoi on le fait. Tu vois, en ostéopathie, y'a pas de groupe de supervision, comme par exemple en psychologie, donc tu as les collègues quand tu vas au resto où tu racontes tes succès et tes échecs, parce que tu es seul au cab, et du coup, en parler avec d'autres c'est essentiel. Penser un cours, ce qui est utile à dire, à transmettre, c'est un peu une introspection et une enquête sur l'utile. J'aime surtout l'interaction, les étudiants qui questionnent, qui te poussent à être expliquant. Et puis faut actualiser ses idées, réfléchir à ce qu'on croit certain, y'a toute une mécanique réflexive superbe. Tu dois penser à ce que tu sais pour proposer une connaissance à partager, et aussi penser à la façon de la transmettre.

Si tu sais rien et que tu vas en cours lire un papier, ou un diaporama, ou pire, un livre, qui n'est pas de toi, alors, pour moi tu sers pas l'accès au savoir ! Donnes le livre et chacun le lit ! Pire les illusionistes, ceux qu'essaient de te faire croire qu'ils savent, et qui croient savoir.... C'est une usurpation totale des connaissances au profit de la bétise de l'égo. Je veux dire par là, on a tous eu des cours pas terrible où le prof monotone, t'ennuie, tu regardes ta montre et c'est long. Pis, d'autres où ça sonne, et tu te dis tiens, déjà ? Tu sais t'es même persuadé que le temps est allé plus vite, bon, tu l'as juste pas vu passé par ce que c'était intéressant, voila. Non, vraiment, il faut, donner de toi, de soi, le reste est disponible partout. Internet t'offres tout ! Sauf l'humain. Le net t'offre l'accès à tous les savoirs, c'est sans limites, mais il te faut travailler ton esprit critique car devant l'immensité des connaissances qui te sont offertes, il faut faire des choix. Et choisir c'est difficile, donc, bon je m'évade un peu là, mais ça m'impulse, ça m'exalte !

Quand j'ai commencé après un an de cours, je me suis dit, qu'est-ce que je peux réellement apporter ? Je suis jeune, je vais pas répéter des concepts que je ne maîtrise pas, pour faire savant ou impressionner, ça sert à rien. Par exemple, tu présente une définition, et tout le monde note, c'est pas un temps pédagogique terrible. Alors que si tu demandes aux étudiants, alors pour vous, ca veut dire quoi ? Tu vois, partir d'eux, pour eux, et d'adapter, tout en passant un message et si possible un message juste, pas trop faux, alors tu construis avec eux, et ça c'est ce que j'aime. Quand quelqu'un te dit " ah, d'accord, j'avais pas vu ça comme ça....! là c'est le début du bien. Là tu vois que t'es actif dans la mise en plpace des connaissances, donc ce que je maitrise, enfin presque, c'est quelques notions, mais moins que ma vie expérientielle, donc je mélange des définitions a savoir, des exemples pratiques avec ma vie, celle de tous les jours, le quotidien, quoi, celui qui est d'une fausse banale facilité ! Partageons cela.

Ensuite, je me suis souvenu des cours que j'avais adoré, en cherchant le facteur commun qui est toujours le prof, celui qui anime, celui qui passionne, et on ne peut passioner qu'en étant, ou en tentant d'être passionnant. Un prof peut faire de n'importe quelle matière une matière intéressante ou non, c'est lui qui en à les clés. Va enseigner les maths, la biophysique, les stats, tu verras, y'a un a priori négatif, alors que l'anat, l'anatomie par exemple en ostéopathie, les étudiants l'adorent tellement que même si le prof est médiocre, ça passe. Rendre un cours à priori non intéressant, disons potentiellement intéressant, là c'est bon. 

Puis l'indicateur est direct, si a ton premier cours t'as 100 personnes, et qu'au deuxième t'en a 25, faut pas chercher bien loin les facteurs raisonnable de cet absentéisme.... Un prof, c'est aussi un peu un acteur, tu sais, devant les autres tu as toujours envie je crois, d'être aimé, alors bon tu joues, mais ce n'est pas une pièce de théatre, tu joues le vrai, tu joues ta réalité, ton accès à ce qui t'es donné dans la vie, voila en fait, tu le présentes. Donc c'est pas du théatre, tu ne mets pas en scène une fiction, mais une science, donc simpelment un savoir, c'est pas une représentation, mais plutôt une présentation subjective, certes. La tienne, ton chemin, et ta culture, mais tu l'ouvres, tu montres, tu expliques tout, faut rien cacher. Enfin je crois. Bon, on change de question ?

 

Non ! Enfin, tu reprends les questions que j'avais prevues, mais précisons pour qui tu enseignes ? Ton public ? Et les lieux ? 

Alors toujours pour des étudiants post-bac, donc disons en études supérieures, en école d'ostéopathie, dans une seule, la mienne, celle ou j'ai étudié, ISO Lyon, devenue ISOstéo Lyon en 2009, non 2010. J'y ai mis un pied, ou plutot une main en 1995, voila 21 ans après j'y suis encore !  Bon pas du même côté, mais c'est mon école j'y suis attaché, je suis un sensible, faut pas croire, sous mes apparences de guignol, c'est mon école, en ostéopathie je n'irai pas ailleurs, enfin, on est jamais sûr de rien, mais je suis fidèle à ISO, et puis, j'enseigne la bioméca à ECOTEV une école à Bron, d'orthésiste, très sympa aussi. Là c'est différent c'est pas une école d'ostéo, ah, et puis si, cette année, j'ai une chance inouïe, de pouvoir être aux côtés d'une équipe de rêve, je vais animer les séquences pratiques au DU de Philosophie de l'ostéopathie à L'UCLy de Lyon, là en octobre 2016. Et, là ce sera différent aussi, c'est la fac, et je n'aurai plus mes 18-20 ans, mes premières années adorés, mais des pro, des ostéos, et praticiens, certainement autant voire plus âgés que moi, et donc, voila une belle perspective d'échange, encore. Mais la majorité de mes cours sont des cours de biomécanique, pour première et deuxieme année, la première on pose les bases théoriques, et la deuxième on applique ! Voila, après ils sont trop forts pour moi !

 

C'est-à-dire ?

Ben en 3,4,5 ils savent, enfin, ils pensent savoir, du coup ils avancent dans les certitudes, se remettent moins en questions, tu sais dès que tu crois maîtriser un geste, une technique, tu te sens affranchi de la reflexion. Puis bon, t'as envie de pratiquer aussi, t'en as un peu assez de la théorie, donc bon à partir de la 4, t'es dans un mode clinique, tu as déjà eu des retours de consultations, donc tu te fais ton expérience, et t'écoute déjà moins, puis y'a d'autres profs qui les charment, y'a trop de concurrence ! Je fais pas le poids ! Non plus sérieusement, j'aime bien intervenir quand il existe encore de la plasticité intellectuelle, je suis sûr de rien, je doute de tout, et donc j'aime la jeunesse des premières années, car on y voit justement de la découverte, du potentiel, non pas que cela diminue plus tard, mais bon allez j'arrête là, je m'enfonce. Bref, je suis un apprenti qui aime les apprentis. On enseigne bien qu'à ses semblables ! Enfin, non je suis même pas sûr, finalement...

 

Toujours en cours magistraux ?

Non, à ISOstéo, avec les nouveaux programmes, on alterne, je crois un TD tous les 4 CM je pense, donc en TD ils sont 30/40 et on est deux animateurs, Je suis avec Eric Noiray, un type génial, dont j'apprécie la pensée et les modalités pédagogiques qu'il met en oeuvre. Puis en Philo, ou histoire et fondements de l'ostéopathie, là je bosse avec Marjolaine, encore plus exceptionnelle qu'excellente, vraiment, et on a un binôme qui pense bien les cours, belle complicité. Et à Ecotev, ou ESOOP, ils sont des groupes de 10, et d'autres de 25 en général, voila c'est un autre public, j'aime bien aussi, ça fait 6 ans, euh, non 7 et j'ai appris à mieux connaitre leur métier, du coup ça enrichit toute la transversalités des compétences de nos metiers respectifs, c'est bien. J'y retrouve des profs qui étaient de mes étudiants en ostéopathie, c'est marrant, Cifdine, le batteur prof d'anatomie, ça fait plaisir, tu mesures que les gens géniaux sont à tes côtés, en parcours parallèles, surprenant non ?

 

Vraiment ? Est-ce un hasard ?

Oula c'est gentil et flatteur ça ! Non mais quelqu'un de génial c'est quelqu'un qui crée ! Il faut créér des situations d'apprentissage, il faut créér des idéées, ou les susciter, tu vois être un bon maïeuticien ! C'est ce que j'ai appris à Tours !

 

? à Tours ?

Oui, j'ai suivi une année le M1 des sciences de l'éduc, ingénierie de la formation, en 2007, plutôt 2008 oui, voila. Je suppose que j'explique ?

 

Oui...

Donc après cinq ans de charge de cours, je pensais à ma légitimité, en me disant tiens y'a peut-être des choses à apprendre, j'avais pas mal appris en étant disons manager chez McDo, gérer une équipe, un resto, grâce à des directeurs m'ayant fait confiance, Jean, Jean-sté... Tiens, je remarque que beaucoup de mes directeurs se sont appelés Jean ! J'attire peut-être les "Jean" !!!! voire les "Jean" m'attirent, c'est fou, Jean Savoca aussi un de mes profs et surtout ami ostéo, bon, bref.

Donc j'ai voulu apprendre et à l'époque, on nous avais proposé une VAE à l'université de Tours, François Rabelais, pour valider une compétence d'enseignement. Bon, j'ai eu une validation partielle, contrairement à mes collègues, Philippe, Elvine, qui ont eu la totale. Donc, pas satisfait, l'année suivante je me suis inscrit en présentiel, cette fois, hors parcours VAE, pour suivre le M1 ingénierie de la formation. Emploi du temps difficile mais une équipe hors du commun, des gars et filles vraiment bons, je peux pas tous les citer, avec des profs Roland, Catherine, Hervé, bref, Noel, la ruse ou le biais de la ruse je sais plus, une école de la vie, de Gaston Pinaud, où tu apprends que ton expérience sert. Bon j'abrège, j'ai fait le cursus, avec de bon trajet Lyon-Tour-Lyon et j'ai bossé sur la connaissance créatrice de Nonaka et Takeuschi pour mon mémoire, sur l'apprenance en ostéopathie. Voila, tu me fais parler de ce temps et des souvenirs surgissent, mais le meilleur c'est la soutenance de mon travail, quel souvenir. Une salle de soutenance à l'université, un jury, du public, et tu es là comme sur un grill, puis au bout de 30 minutes, tu sors, le jury délibère, et tu reviens, tu te lèves, j'étais le premier à passer, y'avait pas de référence, j'ouvrai le bal, et quel bal ! Quel souvenir, Roland, président du jury qui annonce ta note, jamais j'oublierai cet instant, avec ma petite bouteille de coca posée sur la table, sur le coin droit.... bon, euh, je me souviens de cela car quand j'ai été diplômé en ostéopathie, y'a pas eu de protocole particulier, pas de moment solennel, et ça manque, mais bon

 

Et tu as parlé de philo ou histoire de l'ostéopathie avec une certaine Marjolaine, donc tu n'enseignes pas que la biomécanique ... non ?

non, enfin oui.

 

? Et donc quand on attends une réponse fournie toi, tu réponds juste "oui" !

Oui ! Ben tu m'as dit des réponses courtes !

 

Bon alors je vais préciser, tu animes aussi des cours de philo ?

Non, non, non, ça ce sera peut-être un jour, si je deviens âgé, première condition, non pas que je vais rester jeune, mais on ne sait pas de quoi demain est fait, bref, et si je me calme un peu, deuxième condition, si je prends un peu de sagesse, troisieme condition, donc tu vois c'est à contextualiser mais oui, un jour j'aimerai enseigner la philosophie, à des enfants, je pense, comme le propose Frédéric Lenoir, avec sa fondation SEVE, c'est un projet d'une telle dimension altruiste, que j'aspire oui à pouvoir un jour prétendre aider l'autre à formuler sa pensée, à aiguiser son esprit critique, voila ce jour là je serai peut-être un animateur en philosophie, dans des ateliers de pratique de la pensée, mais bon là, je suis qu'un tout jeune padawan... un apprenti-chercheur plutôt. http://www.fondationseve.org/  C'est que je trouve juste la philosophie tellement passionnante, et tellement éclairante que, oui j'aspire à devenir un jour, peut-être philosophe, enfin on l'est tous dans sa vie à partir du moment où on questionne son existence avec conscience et raison, mais je veux dire philosophe en tant qu'être reconnu comme tel, là, vraiment, je crois que j'aurai atteint un de mes buts.

 

Quels outils emploies-tu dans tes cours ?

Pas d'outils, juste...Moi ! Non, un peu de support de cours style diaporama, beaucoup de schémas complexes que je réalise au tableau, des vidéos, essayer de produire une interactivité, mais bon je n'y arrive pas tout le temps. Puis des anecdotes cliniques pour faire comprendre, ça je tiens cela de Michel Onfray dans ses cours à Université populaire de Caen, la force de l'anecdote. voila un bel outil. 

 

Et pourquoi pas mettre tout cela par écrit dans un livre ?

Pas le temps ! Mais si tu veux je te raconte et tu écris, alors là ok ! Par contre on réalise cela tôt le matin, ok ? Non, franchement, un jour peut-être aussi, mais quand je serai enseignant ! Là je vais me contenter de mettre des diaporamas en ligne, sur mon site, et je vais créer une autre plate-forme dédiée à la biomécanique articulaire, ça suffira bien, un livre ça coûte, t'en a un qui le lit et les autres le photocopient, et tous veulent des recettes des raccourcis, comme si ils voulaient arriver au sommet de la montagne dès le départ, tu vois, alors que, franchement, ok le sommet c'est magnifique, mais c'est surtout le chemin qui est épanouissant. Arriver au sommet sans effort et sans savoir comment on a fait ne sert que l'égo, et s'épuise en une bourasque, alors que connaitre les efforts et les sentiers pour y parvenir, c'est ça le vrai. Moi je veux montrer des sentiers, c'est peut-être guide que je vais faire....mais c'est le rôle d'un livre, un livre c'est une histoire, une histoire c'est un chemin. J'y tiens à mon chemin non ? Bon, on arrête un peu, on va boire un coup ?  

 

Euh, oui, si tu veux, mais tu veux pas finir en parlant de tes projets ?

Lesquels et dans quels domaine ? Parler de mes projets c'est pas une façon de conclure, c'est toujours un début pour moi, je ne suis que projets, donc non je n'en parlerai pas, je veux juste dire que j'essaierai de faire tout ce que je peux faire, comme je peux, et qu'il ne semble pas y avoir de limites dans les possibles que je puisse entreprendre, donc, non, je n'en parlerai pas. j'ai envie de rendre accessible la biomécanique et la biophysique sur la modélisations des articulations alors, ça plutôt sur http://arthrocinetique.fr/

et puis avoir un oeil plus artistique, sur par exemple, https://www.inouk-prod.com/, puis je développerai peut-être une autre idée si j'en ai le temps, c'est surtout une question de temps, car niveau envie ou idées, ça ça manque pas !

 

Ce sont les mots de la fin ? ou peut-on revenir sur : Je reprends " Je n'en parlerai pas" ? 

Oui, parce que, je n'en parlerai pas ne signifie pas que je ne ferai rien, simplement cela ne sera pas oral, ce sera visuel, auditif, artistique. EN fait j'ai pas trop de regle ni de limite, hormis organiser le temps, mais bon ça dépend des instants, je veux revenir vers la création, la composition, d'où mes sites internet, c'est sympa de créer et de partager, voila sans aucune intentions commerciales, non tout doit etre accessible et gratuit, et refaire de la musique, aussi ça me manque beaucoup, de la musique intrumentale electronique, rythmée, car je suis en premier musicien, compositeur, en fait, mais je n'en parlerai pas au sens que cela mettra des années, c'est les projets d'une vie, donc, je vais pas balancer des mots illusoires, je vais finir ce que j'ai commencé, et prendre le temps de mieux vivre, penser un peu à mon petit corps, à mon corps familial, et puis je ferai un album, et j'écrirai un essai, et je produirai un livre scientifique, mais pour l'instant, il me faut conclure ma thèse, et penser mon rapport au temps en décrochant ma fléche d'argent : voila l'essentiel de 2017 !

 

Ta flèche d'argent ? C'est un symbole ?

Non, c'est faire un certain pourcentage du temps de l'ouvreur qui descend une piste de ski !

 

D'accord.... je te souhaite d'y parvenir !

Merci, mais je me donnerai les moyens d'essayer d'y parvenir, faut que je fasse des abdos c'est tout ! Non, sérieusement, voila cette année sera plus calme, donc plus riche, plus simple donc plus juste, plus responsable, plus humaine, mais prenons rendez-vous le 15 avril à la fin de la saison si tu veux ?  On fera la suite de cet entretien ok ? Prends des baskets, je te donnerai le lieu de rencontre, c'est un rocher particulier, faudra que tu aies un GPS je t'enverrai juste les coordonnées et on parlera encore, ensemble, mais on le fera en marchant, dans la montagne, sur un bon sentier de terre, de roches et de fleurs, entre les marmottes, pour arriver au sommet, avant le lever du soleil, et s'approcher un peu plus du ciel en gardant les pieds au sol, ensemble, ok ?

 

Une marche initiatique, vers la transcendance ?

Non, non, juste une simple marche partagée, mais puisque tu aimes les mots, je ne résiste à l'occasion de te livrer ces derniers : ce sera plutôt une éloge de l'immanence, le temps de cette ascencion rocheuse, réalisant une prosopopée personnelle, dont un apophtegme pourrait être : A bon vouloir, ne défaut la fortune, pour autant qu'elle soit humaine.

 

C'est ta maxime ? 

Oui, en un sens, oser, ne pas se poser de limites autres que celles de l'éthique, de la physique, des valeurs biologiques, sociales, tu vois oser mais sans chercher la marginalité absolument, mais juste penser par soi, autrement qu'en suivant le prêt à penser, qu'on nous fait gober ! Oser c'est être, être soi. Je veux, comme les philosophes de l'antiquité m'habiller comme je pense, être en cohérence, tu vois, y'en a pleins qui bosse dans un domaine et qui font le jour, ce dont ils ne rêvent pas la nuit, et ben non, moi je vais pas dire que je vis mes rêves, non, mais au moins je rêve pas ma vie. Je la vie. Non en fait, ma maxime c'est plutôt : sois ! ça serait plutôt, Vis ! mais vis donc ! allez, hop, on y va, à fond, t'attend quoi ? Que ça arrive ? Que le passé revienne ? Ben tu vas attendre alors, non vis le présent, pense l'instant et ose, crée, provoque, propose, modofie, change, bouge, chante, danse, rie, tu vois ça se résume bien en un verbe : vis !

 

Merci

Merci

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Cyril CLOUZEAU © Ostéopathe